SUPERVISION POUR QUI, POUR QUOI ?

 

SUPERVISION POUR QUI ?  POUR QUOI ?

 

Le psychothérapeute ou le psycho praticien même débutant, mais aussi le médecin et toutes les personnes œuvrant dans la relation ont besoin régulièrement d’aller vérifier avec des pairs et sous le regard d’un superviseur leurs pratiques.

Souvent isolé dans son travail, et parfois malmené par des projections et des transferts lourds et difficiles à contenir, il a besoin d’une aide et de prendre soin de lui dans un espace bienveillant et ouvert à ce qui fait son monde de thérapeute dans sa façon d’accompagner.

Seul il court le risque en s’analysant, d’être dans une auto complaisance. ou bien de passe à côté du regard qui va lui permettre de se mobiliser d’une façon juste.

Seul il court le risque de ne pouvoir supporter la lourdeur et la difficulté dans certains liens thérapeutiques.

C’est en osant un regard extérieur, celui bienveillant d’un superviseur, qu’il pourra échapper à la facile toute puissance que la position du thérapeute entraîne souvent même si sa volonté n’est pas d’y succomber.

Le superviseur doit être bienveillant et néanmoins, il lui faudra aussi être suffisamment ferme et soutenant pour aider réellement le thérapeute à y voir clair sur ce qui se joue avec son client.

Bien évidemment nous aurons à visiter les contre-transferts, mais aussi les projections du client sur son thérapeute et vice versa, et  puis les Identifications projectives, les peurs du clients, celles du thérapeute et leurs répercutions dans le lien thérapeutique.

Il suffit parfois que le thérapeute ose partager avec un pair, ce qu’il vit dans le processus avec son client pour y voir plus clair et conforter son accompagnement.

Il y a donc à s’ouvrir largement à tout ce qui peut aider le thérapeute à sortir des limites dans lesquelles il peut s’engluer sans le vouloir et surtout pas tout seul.

Ceci ne se fait pas sans une vraie bonne volonté du thérapeute et une alliance de confiance solide avec le superviseur.

 

Un groupe de supervision donne l’opportunité de réfléchir à plusieurs, de se mettre au travail avec différentes manières d’approcher une situation. Ceci permet d’élargir le regard et les champs d’aide possible.

Ces temps sont aussi là pour partager la joie de certains succès, de livres que nous avons aimé, de questionnements sur des thèmes importants et de révisions de certains concepts…

C’est aussi un moment pour venir chercher du soutient en cas de démarrage d’activité.  Car c’est parfois un moment ou la solitude est intense et la peur présente avec son allié le doute.

Enfin c’est un endroit et un temps pour se ressourcer avec d’autres, pour créer une égrégore de soutient et d’appartenance.

Pour toutes ces raisons le temps de supervision est un cadeau que se fait le praticien, en même temps que c’est une démarche étique.

 

Dominique GAUTHIER  superviseur agrée E P G.

  Bien à vous.










Le Cercle des Cercles

Quand les Cercles s'assemblent…

Inana dans les textes sumériens

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Article d’Heidhinn (Yves Kodratoff)

 

 

Culture d’Uruk 3500 – 3000 AvJC – Musée de Bagdad

Inanna est une déesse sumérienne dont on a retrouvé trace sur des tablettes d’argile gravées en écriture cunéiforme. L’étude ci-dessous est extraite d’un livre, en cours d’écriture, qui propose un voyage revivifiant, à travers diverses mythologies, jusqu’à la “matrice” d’un Féminin authentique oublié. Ce livre “L’Arbre, le Femme et le Serpent”  accueille en ses pages deux versions, l’une masculine/cerveau gauche/animus, écrite Heidhinn ( présent extrait), l’autre féminine/cerveau droit /anima, écrite par Islynn (extrait à cette page).

INTRODUCTION

Nous vous présentons ici une description de la déesse Inana (son nom est souvent orthographié Inanna) qui respecte étroitement ce que les textes sumériens disent d’elle. Ces textes sont ceux réunis par le projet ETCSL de l’université d’Oxford. Vous trouverez ci-dessous en appendice toutes les justifications quant à l’origine des textes que nous avons utilisés. Nous illustrons notre point de vue sur Inana par descitations (en caractères gras) tirées des textes en ligne d’ETCSL. Notez que la notation : … au milieu d’une citation indique que nous avons négligé une partie du texte alors que la notation : […] indique une tablette endommagée aux caractères illisibles.

Il est nécessaire d’insister sur le caractère sumérien d’Inana car une recherche rapide sur internet vous montrera que l’immense majorité des commentateurs ‘expliquent’ les dieux sumériens en les comparant à des dieux akkadiens, qui sont en effet mieux connus. Par exemple, le dieu sumérien An – au sujet duquel les textes sumériens ne donnent que peu de détails – est interprété par son instance akkadienne, Anu. Cette attitude n’est pas valable pour le couple Inana/Ishtar tout simplement parce que les textes écrits en langue sumérienne suffisent, comme allons le voir, à nous présenter une Inana bien définie. De plus, les textes akkadiens montrent que l’Ishtar akkadienne, déesse de la fertilité tout comme Inana, possède un statut social bien inférieur à celui de l’Inana sumérienne.

Après une courte description des divinités sumériennes principales, nous décrirons les diverses caractéristiques d’Inana : d’où vient-elle, comment a-t-elle acquis ses pouvoirs, son rôle de déesse de l’amour et de la guerre, ses relations avec la mort et, pour terminer, l’annonce de sa relative déchéance face à un Gilgamec (son nom est habituellement orthographié Gilgamesh) triomphant.

Les dieux sumériens

Il est très délicat de donner une liste complète des dieux sumériens. Par exemple, le site ETCSL dénombre 33 déités auxquelles des hymnes ont été adressés, sans compter celles qui sont citées que dans les divers textes mythologiques. Pour choisir ceux dont on peut croire qu’ils sont les plus ‘importants’,nous ne parlerons que de ceux qui participent à la version sumérienne du Déluge.

Inana-la-brillante se lamenta pour son peuple. Enki prit conseil avec lui-même.AnEnlilEnki et Ninhursaja forcèrent tous les dieux de la terre et du ciel à se lier par un serment invoquant An and Enlil …
L’ordre annoncé par An et Enlil ne peut pas être renversé.

Inana sera évidemment décrite en détail dans la suite. Notons que la traduction d’Oxford qualifie systématiquement Inana de ‘sainte’ alors que la translitération se lit « kug inana-ra » qui se traduit mot à mot par « brillante Inana-pure ».
Ninhursaja
, parfois nommée aussi Nintur et Namma, joue le rôle de la mère primitive et son origine semble indépendante de celle des autres dieux. Elle apparaît souvent comme l’épouse de l’un des autres dieux.
An
 est souvent invoqué, mais il ne joue pas de rôle direct dans la vie des humains si bien que son rôle exact n’est pas décrit dans les mythes. On sait qu’il est le père d’Enki et d’Enlil mais cette connaissance est issue des déclarations de ces dieux.
Enlil
 (en-lil = seigneur-vent), est presque toujours désigné comme étant « la Grande Montagne » est le fils aîné de An. On le considère souvent comme un dieu du ciel. L’importance d’Enlil est évidente dans le texte relatif au déluge où An et Enlil sont les deux dieux chargés de faire respecter la décision de le déclencher :
Un autre texte affirme :

Les commandements d’Enlil sont les plus aériens, ses mots sont saints, ses paroles sont immuables.

Son habitation est appelée le E-kur, c’est-à-dire Temple de la Montagne. Les textes signalent qu’il a accumulé de nombreuses choses dans son palais mais sans préciser ce qu’elles sont. Un exemple nous en est fourni par Enki qui affirme :

J’ai apporté les arts et les métiers depuis E-kur, maison d’Enlil …

Enlil et Enki semblent d’ailleurs s’entendre le mieux du monde puisqu’ils collaborent, Enki dit :

Enlil était enchanté d’Enki … Avec Enlil, observant toutes les contrées, je décrète les bonnes destinées …

Ainsi, Enki est un intermédiaire entre l’humanité et Enlil dont le pouvoir se confond un peu avec celui de An, et qui est donc plus loin de l’humanité qu’Enki.

Enki (en-ki = seigneur-sol) est le deuxième fils de An.

Enki, seigneur de la prospérité, seigneur de la sagesse, bien-aimé de An …
Enki
, roi de l’Abzu (dit) : « Mon père, roi des cieux et de la terre, m’a rendu fameux … Mon frère aîné, roi de tous les pays, … ».

Son habitation a sa fondation dans l’Abzu, poteau d’amarrage du ciel et de la terre.
L’Abzu est la demeure d’Enki et semble désigner les eaux douces autres que les fleuves, c’est-à-dire les lacs, les puits, les sources et les marais.

 


PARTIE 1. INANA : « ELLE, DU DÉSERT » ET SES POUVOIRS

La déesse Inana apparaît dans la majorité des tablettes sumériennes, on lui a dédié d’innombrables hommages dont la simple variété des noms montre l’ingéniosité dont ont fait preuve les sumériens pour honorer leur grande déesse : chants ‘ulila’ à Inana, des ‘balbale’,‘tigi’,‘cir-namcub’,‘kunjar’ à Inana, chants à la ‘Dame de tous les pouvoirs divins’,hymnes à la ‘Maîtresse au grand cœur’.

Femme nue (Inana ?)
Musée de Bagdad 5000-2000 AvJC

On peut évidemment imaginer qu’elle est une manifestation de la grande déesse primitive rencontrée sous les noms de Namma, Ninhursaja, Nintur. Mais le fait est que les textes sont étrangement muets sur la conception d’Inana alors qu’ils sont presque exagérément précis, ce qui les rend même parfois contradictoires, sur la filiation entre An et ses fils Enki et Enlil.

Donc, notre mystérieuse Inana émerge un beau jour du désert. En fait, nous venons même d’inventer le verbe ‘émerge’ ! La seule description que nous ayons de son arrivée se trouve sur des tablettes endommagées qui disent : «Elle [...] du désert » qui débute la série de textes qui décrivent ses relations affectueuses et conflictuelles avec le dieu Enki.

Elle doit être dès le départ une sorte de reine du désert puisqu’elle porte « la couronne du désert sur sa tête ». Le désert dont sort Inana symbolise la terre aride et le feu, et elle se dirige vers des bergers qui représentent des terres fertiles et l’eau. On peut donc supposer qu’elle est comme ‘accouchée’ par le sable du désert pour se rendre vers des terres fertiles dont elle aura à prendre soin, comme nous le verrons ensuite.

À part cela, on apprend surtout qu’elle est très satisfaite de la remarquable beauté de ses organes génitaux et qu’elle désire rendre visite à Enki afin de le séduire et lui demander de l’aide.

… son sexe était remarquable.
Elle se félicita, ravie de ses organes sexuels. Va vers les bergers …
… alors je dirigerai mes pas vers l’abzu, vers Enki,
alors, moi-même je lui parlerai de façon 
enjôleuse à Enki dans l’abzu […]
J’énoncerai une requête au seigneur Enki.

Cette constante référence à la sexualité peut en surprendre plus d’un. Mais, comme le dit si bien Dumézil, dans sa préface àMythe et Épopée I, « … les mythes ne se laissent pas comprendre si on les coupe de la vie des hommes qui les racontent. » Pour nous rattacher un peu à la vie des sumériens, rappelons-nous qu’Inana est la représentante

Amoureux sumériens

principale des forces de fécondité c’est à dire qu’elle serait, dans un monde indo-européen et selon la répartition tripartie de Dumézil, la représentante de la troisième fonction, celle de la fécondité, à laquelle sont associés tous les individus ayant une activité productrice de biens, en particulier les agriculteurs. La déesse chargée de cette fonction est alors toujours présentée comme douée d’un appétit sexuel élevé. Ce comportement très naturel n’est pas, bien sûr, l’apanage du seul monde indo-européen. Ainsi, sans avoir besoin de nous glisser très profondément dans la façon de penser des sumériens, nous pouvons certainement percevoir le lien profond existant entre la femme et la terre dont font état tous les mythes agraires. L’aspect fécondité féminine et fertilité de la terre sont constamment valorisés et intégrés dans la vie de tous les jours, et ce de façon à rester en parfaite adéquation avec le comportement divin.

Cette précision permet de mieux comprendre le comportement sexuel d’Inana. D’ores et déjà, on observe qu’elle se place en séductrice vis-à-vis d’Enki. Ce type d’attitude est le plus souvent assimilé à une sorte de prostitution et, en effet, plusieurs textes rapportent que ses prêtresses n’hésitaient pas, dans certaines conditions, à s’unir avec des inconnus. C’est ce que l’on désigne aujourd’hui par « prostitution sacrée ». Nous refusons d’utiliser une telle expression qui se trouve être un oxymore. En effet, toute prostitution, sexuelle ou non, avilit ceux qui la pratiquent tandis que le sacré exalte ceux qui le ressentent. Cet aspect de contradiction interne ne serait guère important en soi, s’il n’associait pas implicitement, le féminin à l’aspect égrillard du mot « prostitution » et à tous les préjugés sociaux qui l’accompagnent. Par cette remarque, nous tenions à souligner qu’à cette époque, divinité et sexualité étaient étroitement associées.

Inana acquiert ses pouvoirs

Inana se rend donc dans l’Apsû chez Enki et ils « burent ensemble la bière dans l’Apsû, se plaisant à la douceur du goût du vin ». Elle semble même l’avoir poussé à une joute de buveurs. Ceci confirme bien qu’elle cherche à « enjôler » Enki et que ses intentions sont loin d’être désintéressées. Sans doute un peu ivre, Enki commence à appeler Inana « ma fille ». D’autres textes montrent qu’Enki ignore totalement nos réticences vis à vis de l’inceste, même s’il est pratiqué sans violence. Il va donc finalement. accepter de se soumettre aux volontés d’Inana et lui faire don de multiples pouvoirs:

Je donnerai cela à la brillante Inana-pure, ma fille […] au nom de mon pouvoir, …
l’héroïsme, le pouvoir, la méchanceté, la rectitude, le pillage des villes, lamentations et réjouissances …
la révolte, le triomphe, l’art de conseiller, de réconforter, de juger, de décider.

À travers ce passage, nous comprenons que le détenteur légitime de ces pouvoirs était Enki et qu’Inana les lui soutire par la ruse. En fait, il semble qu’Inana cherche à reprendre son bien. En effet, dans la religion de la Déesse-Mère, ces pouvoirs lui sont naturellement conférés.

Nous voyons qu’Enki n’a pas lésiné dans sa générosité pour « sa fille ». Cependant, revenu à ses esprits, Enki recherche les cadeaux qu’il a imprudemment faits et la liste de ce qu’il réclame complète notre première énumération. Il demande où sont

la prêtrise, le rôle du prêtre ‘lagar’, la divinité, la grande et la petite couronne, trône royal …
le lieu sacré
 ‘nijin-jar’, [...], la maîtresse des cieux, les instruments de musique bruyante, le chant, le vénérable grand âge?

Il est très intéressant de comparer tous les pouvoirs dont Enki fait don à Inana alors qu’il est soumis à son influence et ceux qu’il clame ensuite avoir perdu alors qu’Inana l’a quitté. Nous proposons le classement suivant:
-   les premiers pouvoirs sont « ce qu’Inana acquiert »
-   et que les seconds sont « ce qu’Enki croit perdre ».

Il s’ensuit un certain nombre de constatations dont nous allons tâcher de dresser la liste:
-   les premiers et les seconds semblent n’avoir rien à voir les uns avec les autres et la simple logique permet de prévoir que le ministre d’Enki, sorte de policier divin chargé de récupérer ces pouvoirs, ne pouvait qu’échouer.
-    Inana a acquis une grande quantité d’arts artisanaux, représentant la prospérité économique et qu’Enki se plaint d’avoir perdu quantité de savoirs religieux.
-   Aucun des pouvoirs que reçoit Inana n’est lié à la magie alors qu’Enki se plaint d’avoir perdu « le voyage dans monde d’en-bas, le retour du monde d’en-bas ». Inana reçoit donc le pouvoir de se rendre dans le monde d’en bas et d’en revenir. Ceci explique l’espèce d’arrogance qu’elle affichera lorsqu’elle décidera de se rendre dans le monde d’en bas, comme nous le verrons dans les textes relatifs à « La descente d’Inana dans le monde d’en bas ». Elle apprendra douloureusement qu’elle n’a pas vraiment tous les pouvoirs et sa sœur, Ereckigala (son nom est orthographié Ereshkigal en Français), maîtresse du monde d’en bas, lui fera payer durement le prix de son mépris pour les lois du royaume des morts. Néanmoins, Enki se montrera fidèle à sa promesse et lui permettra de remonter, tout en respectant les lois de ce royaume.
-   Inana ne reçoit aucun pouvoir relatif à la souveraineté, ce qui souligne qu’elle est bien celle qui attribue la souveraineté au roi de son choix. Par contre, Enki se plaint d’avoir perdu de nombreux insignes de la souveraineté (sceptre noble etc.).

Après avoir ainsi énuméré ce qui lui manque, Enki envoie son ministre à la poursuite d’Inana pour récupérer ses trésors. Inana s’étonne:

« Comment mon père a-t-il pu modifier la promesse qu’il m’a faite? […]
Était-ce fausseté ce qu’il m’a dit? … »

Et Inana refuse par six fois de rendre à Enki les pouvoirs qu’il lui a cédés.
Enki est alors obligé de se déplacer en personne pour reprendre les pouvoirs qu’il avait octroyés à Inana. Encore une fois, le texte est partiellement illisible et, sans qu’on puisse en être certain, il semble bien qu’Enki reprenne tout ou partie de ses pouvoirs à Inana.

 

PARTIE 2. INANNA: L’AMOUR, LA GUERRE ET LA MORT

 

Inana, déesse de l’Amour et de la fécondité

 Parmi les hymnes consacrés à Inana, l’un d’eux la décrit à la fois comme une « Déesse des effrayants pouvoirs divins, enveloppée de terreur, … » et poursuit en soulignant son rôle de déesse de l’amour et de la fertilité des sols. Ceci est évident dans la fusion entre amour sexuel et amour de la terre, clairement exprimée dans cet hymne :

« Ce champ bien irrigué qui est mien: mon sexe, le mont bien ouvert et irrigué de la jeune fille, qui en sera le laboureur?
Mon sexe, celui de la Dame, le terrain humide et bien irrigué qui mettra un bœuf [au travail] ici?»
« Dame, le roi les labourera pour vous, le roi Dumuzid les labourera pour vous. »
« Laboure mon sexe, homme de mon cœur! 
[…] »

Inana appelle certainement son époux le « roi Dumuzid » à lui faire l’amour, mais le vocabulaire lui-même montre que Dumuzid (‘Dumuzi’)est aussi chargé de diriger le travail de la terre. Inana est elle-même la terre fertile. Ceci est confirmé par le résultat de ces activités puisque les lignes suivantes disent :

Comme une jeune fille établissant le domaine d’une femme,
La brillante Inana-pure ne dormit pas
avant que les entrepôts ne soient approvisionnés,
avant que des habitations ne soient construites dans la cité ;
avant que son peuple ne mange une nourriture splendide
avant que son peuple ne boive de splendides boissons.

Nous avons déjà remarqué la constante référence à la sexualité des textes relatifs à Inana. Ceci illustre combien l’amour, la sexualité et la fécondité sont indissociables ici. Inana, en tant que déesse de l’amour est aussi chargée d’assurer la fécondité des terres et le bien-être matériel de la cité. Voici quelques extraits d’un poème de louange (appelé un ‘balbale’ en sumérien) à Inana. Il montre clairement que l’amour recouvre ici un spectre beaucoup plus large que celui de son sens moderne.

Moi, la reine, je regarderai avec émerveillement la frondaison
moi, Inana, j’observerai la frondaison visible …
Moi, la reine, je me coucherai dans la frondaison,
moi, Inana, je courrai vers la frondaison …

Ainsi, son amour pour l’arbre n’est pas abstrait mais un amour sensuel qui la mène à s’allonger dans ses branches et ses feuilles. Ce balbale se poursuit et, malgré quelques mots manquants, on comprend bien qu’Inana assure la pousse des arbres:

J’arroserai d’eau [...] Je ferai […] briller.
Je ferai bourgeonner mon arbre …
J’arroserai d’eau la demeure d’Enlil.

Enfin, son amour ne fait pas seulement croître les arbres, il s’applique aussi à la croissance en dignité de son roi:

Je ferai croître mon roi comme un arbre … dans la cour.
Je répandrai l’eau dans la demeure d’Enlil.

Ce roi, dont elle assure la croissance, est le même que celui qu’elle appelait afin qu’il labourât son sexe, son ‘mont bien irrigué’,afin de la rendre fertile. La déesse est à la source de toute fertilité mais c’est dans l’amour, y compris l’amour partagé pour et par son roi, qu’elle puise la force nécessaire à l’accomplissement de sa tâche.

Inana, déesse de la guerre

Ce même hymne lui attribue arme mystérieuse, « la puissante et sacrée arme ‘a-an-kar’ » et décrit Inana comme « trempée de sang, se précipitant à la bataille … grande dame Inana, connaissant bien comment planifier les conflits

C’est une autre série de tablettes qui nous explique comment Inana reçoit ces pouvoirs de la part d’Enki, de façon bien différente à celle que nous avons déjà décrite. Au lieu d’avoir recours à la ruse, elle va plutôt protester auprès de lui afin de le ‘forcer’ à lui accorder la maîtrise de la guerre. Alors qu’Enki est en train d’organiser la cité et qu’il donne à Dumuzid la charge de conduire les activités agricoles de la cité, « Inana, n’occupant aucune fonction » demande à Enki : « Pourquoi m’as-tu traitée moi, la femme, de cette façon exceptionnelle? Où sont mes fonctions ? » Et Enki l’apaise en lui donnant à la fois le pouvoir de « dire des paroles porteuses de vie … (et) aussi des mots de mauvais augure. » quand elle se trouve au sein du « tohu-bohu de la bataille ». Il prédit que ses terribles pouvoirs apporteront aussi la destruction de ceux qui lui résisteront : « Inana, tu entasseras les têtes humaines comme des colonnes de poussière, et tu sèmeras les têtes comme des graines. »

Ceci est illustré par la destruction de la ville d’Ebih. Certains citoyens de la prospère Ebih manquent de respect à Inana. Elle demande au roi de la cité de punir les coupables, mais il refuse. Alors, sa colère s’abat sur Ebih : « Les rochers formant le corps d’Ebih s’effondrèrent … Elle maudit les forêts et les arbres d’Ebih. Elle fit périr ses chênes par une sécheresse … »

Il va sans dire que lorsqu’on consulte les textes akkadiens, Ishtar, la déesse qui succède à Inana, a perdu cet aspect terrifiant qui est devenu l’apanage des dieux ou des rois.

La descente d’Inana dans le monde d’en bas

Les textes qui décrivent le voyage d’Inana dans le monde d’en-bas n’expliquent pas clairement pourquoi elle a entrepris ce voyage. En fait, dans la mesure où Enki lui a donné le pouvoir d’aller et de revenir du monde d’en-bas, comme nous l’avons vu dans « Inana acquiert ses pouvoirs », on doit se demander pourquoi elle effectue si rarement ce voyage. Nous verrons un peu plus loin la réponse : elle n’intervient que lorsqu’un grave disfonctionnement menace l’équilibre du monde d’en-bas.
Le texte commence donc abruptement par

Depuis le grand en-haut, elle se décida pour le grand en-bas.
Inana abandonna les cieux, abandonna la terre,
et elle descendit dans le monde sous-terrain.

Elle est sûre d’elle et c’est pourquoi elle se pare des vêtements et attributs propres à ses fonctions,

Elle prit les sept pouvoirs divins.
Elle rassembla les pouvoirs divins et les saisit dans sa main.
Avec les pouvoirs divins bénéfiques, elle s’en alla.

Partie d’un sceau cylindrique akkadien Institut Oriental, Université de Chicago, 2300 AvJC.
Inana, dans une posture très virile est parée de ses « sept pouvoirs divins ».

Mais, alors qu’elle « pousse agressivement la porte du monde d’en-bas », le chef portier du monde de morts l’interpelle et lui demande qui elle est, sans aucun respect pour elle. Elle répond : « Je suis Inana allant vers l’Est », ce qui nous permet de supposer que l’Est était la zone inexplorée et dangereuse où se trouvaient des puissances incontrôlées. Ceci rappelle les voyages du dieu nordique Thórr quand « il partait vers l’Est combattre les géants », comme si l’Est représentait une constante, celle du monde mystérieux d’où émerge le soleil.

Le portier ne se laisse pas impressionner par elle, et lui rétorque que « si tu es Inana allant vers l’Est, alors pourquoi voyages-tu vers le monde du non-retour ? » Inana répond simplement que c’est parce que le mari de sa sœur aînée, Ereckigala (‘Ereshkigal’), est mort et qu’elle se rend à ses funérailles. Cette mort déséquilibre le monde d’en bas et on peut supposer qu’elle se charge d’aller rétablir l’équilibre[1].

Mais Ereckigala est furieuse de ce que sa sœur se permette de venir ainsi empiéter sur son domaine, au point qu’elle « se frappe sur le côté de la cuisse », une façon d’exprimer une violente colère qu’on retrouve dans d’autres textes. Elle cherche à humilier Inana et exige que pour passer chacune des sept portes, elle se défasse d’un vêtement et de l’un de ses « sept pouvoirs divins ». Elle se présente ainsi nue et dépouillée de tous ses pouvoirs devant sa sœur. Malgré tout, elle reste capable de chasser sa sœur de son trône et de prendre sa place. Les dieux-juges sont furieux de ce comportement contraire aux lois du monde des morts et la condamnent à mort :

La femme affligée fut changée en cadavre.
Et le cadavre fut suspendu à un crochet. 

Voici donc Inana comme torturée et tuée pour avoir transgressé des lois supérieures à elle. Ceci serait une punition si l’histoire se terminait là. Mais, comme nous allons maintenant le voir, elle va revenir à la vie et il est tout à fait légitime d’y voir une épreuve, une épreuve qu’Inana devait supporter afin de rendre leur complétude aux mondes d’ici et de là-bas.

Sa fidèle ministre l’a accompagnée et prend le deuil. Puis, elle va se plaindre aux divinités, en particulier à Enlil, mais aucun dieu ne veut l’aider sauf Enki.

Enki crée deux êtres à partir de la crasse qu’il avait sous les ongles. L’un est porteur de « l’arbre donneur de vie » et l’autre de « l’eau donneuse de vie ». Il leur prodigue des conseils afin qu’ils puissent influencer Ereckigala. Il leur dit de se glisser au-delà des portes « comme des mouches ». Il ajoute :

la mère qui vient d’enfanter, Ereckigala, du fait de ses enfants, est là-bas allongée …

Visiblement, Ereckigala a de la peine à se remettre de son accouchement et elle est incapable de nourrir ses enfants. Enki recommande donc à ses deux créatures de la flatter en compatissant à ses douleurs et, en guise de récompense pour leur compassion, d’obtenir d’elle qu’elle leur remette le corps d’Inana.

C’est ainsi que, selon les instructions d’Enki,

L’un d’eux l’aspergea au moyen de l’arbre donneur de vie
et l’autre avec l’eau donneuse de vie.
Et c’est ainsi qu’Inana se releva
.

PARTIE 3. INANA HUMILIÉE PAR GILGAMEC

 
Jusqu’à présent, nous avons décrit une Inana en majesté, sûre d’elle et de ses pouvoirs. Comme nous l’avons vu, sa mort honteuse, accrochée comme une carcasse au crochet du boucher, n’est qu’une épreuve qui la grandit encore après de sa résurrection. Nous abordons maintenant le premier texte dans lequel la déesse est humiliée par un roi, en l’occurrence Gilgamec (‘Gilgamesh’). Cette humiliation est suffisamment subtile pour passer inaperçue aux yeux de nombreux commentateurs, mais la lecture attentive des textes permet de voir en quoi Gilgamec s’empare du pouvoir et devient le héros principal de l’histoire, au détriment d’Inana.


Inana et l’arbre halub

Ce textequi est habituellement vu comme centré sur Gilgamec et ses relations avec le monde d’en-bas, commence par une longue mise en contexte. L’histoire se passe « en ces jours distants … quand les cieux eurent été séparés de la terre … » et qu’une limite nette entre les deux eut été tracée. C’est seulement ensuite que l’arbre halub entre dans l’histoire.

Avant de continuer le présent mythe, il est bon de faire une digression sur l’arbre halub et son importance dans d’autres textes. Par exemple, comme une image pour décrire les limites du royaume de Dumuzid, nous rencontrons l’expression « depuis le lieu où croît l’arbre halub et celui où croît le cèdre ». D’autres textes parlent de « l’arbre halub et sa boîte en bois » comme d’un objet porteur de pouvoir, mais les tablettes sont trop abimées pour qu’on puisse savoir à qui ils appartiennent. Le seul texte presque complet qui leur attribue un propriétaire est :

Là où je vais […] j’apporte un lion avec moi,
j’apporte une boîte en bois avec moi,
j’apporte du bois halub avec moi. »

Le contexte montre clairement que c’est Inana qui parle.

Cylindre dit “de la Tentation”. British Museum 2200-2100

Plutôt que Adam et Ève, totalement anachroniques, on devrait voir ici « Inana et Gilgamec assis face à l’arbre halub » !

 Femmes en train de planter des palmiers-dattiers, un des premiers arbres cultivés au Moyen-Orient (Date ? Lieu ?)

Notre mythe se poursuit donc en disant que « en ce temps, il n’existait qu’un seul arbre » et l’appelle l’arbre halub. Cet arbre poussait sur les berges de l’Euphrate mais il fut déraciné par la force du vent du Sud et l’Euphrate l’emporta au loin. « Une femme … prit l’arbre et le porta dans … le jardin luxuriant d’Inana. » Le style de la littérature sumérienne peut surprendre, mais il est ici aussi clair que cette ‘femme’ est Inana elle-même. La femme, Inana, replante et entretient cet arbre de façon un peu surprenante :

La femme planta l’arbre avec ses pieds et non avec ses mains.
La femme l’arrosa avec ses pieds et non avec ses mains.

Ce comportement devient normal si on se souvient que cet arbre halub, un arbre unique comme souligné plusieurs fois dans le texte, joue un rôle mythique d’arbre originel et qu’Inana, elle-même une créature mythique, cherche à s’identifier avec cette sorte d’axe du monde qu’elle vient de recueillir. Il est alors tout à fait naturel que ses jambes s’identifient aux racines de l’arbre, son corps à son tronc et ses bras à ses branches. On comprend alors pourquoi elle le plante et l’arrose « avec ses pieds » qui ‘sont’ les racines de l’arbre.

Suivent deux lignes qui ont été traduites de façon à donner à penser qu’Inana désire utiliser le bois de l’arbre. Par contre, la traduction la plus moderne d’Oxford fait dire à Inana :

« Quand donc ceci sera un siège luxuriant sur lequel je pourrai m’assoir ?
Quand donc ceci sera un lit luxuriant sur lequel je pourrai m’allonger ? 
»

Il est aussiintéressant de noter que nous disposons de plusieurs versions un peu différentes de ce mythe et que dans chacune Inana s’exprime de la même façon : « quand donc ceci sera … » et non pas « je désire faire de ceci … ». Il est évident qu’Inana ne considère pas l’arbre pour le débiter en planches (des planches « luxuriantes », peut-être ?) mais souhaite le voir grandir de sorte qu’elle puisse s’allonger et s’asseoir sur ses branches, elles bien luxuriantes, en effet. Ce désir est d’ailleurs tout à fait celui qu’elle exprime dans le ‘balbale’ que nous avons déjà cité pour illustrer son pouvoir d’amour et de fécondité, « Moi, la reine, je me coucherai dans la frondaison », où il n’est pas question de mutiler l’arbre mais le faire croître.

Elle ne ‘possède’ pas l’arbre halub, il est à tout le moins une image d’elle. Elle ne désire pas l’utiliser comme un objet, elle veut que son corps puisse se fondre dans les formes de l’arbre.

Mais elle va s’apercevoir qu’elle n’est pas la seule à s’identifier à l’arbre halub :

Dans ses racines, un serpent insensible aux incantations fit son nid.
Dans ses branches, l’oiseau Anzud installa ses petits.
Dans son tronc, la jeune fille souffle-d’air (‘
kisikil-lil’)[2] construisit son habitation.

Ainsi, Inana est soit forcée de constater son échec à s’identifier à l’arbre, soit obligée d’admettre qu’elle est elle-même habitée par des étrangers. Elle n’est plus ‘en majesté’ comme les textes précédents la décrivaient. Kisikil-lil trouve la situation comique, elle « rit de bon cœur » alors qu’Inana éclate en sanglots. Il nous manque à ce moment le texte qui sans doute décrit avec plus de précision la décision d’Inana. Qu’elle désire détruire l’arbre halub paraît très invraisemblable dans la mesure où elle l’a nourri comme son enfant. C’est alors que Gilgamec entre en scène. Ici encore, des parties du texte sont illisibles et nous ne connaissons pas ses motivations, nous savons simplement que « […] le guerrier Gilgamec prit son parti […] »Cette formulation présente Gilgamec comme un allié d’Inana, mais nous allons voir qu’il profite plutôt de sa faiblesse pour l’humilier. En effet, il

prit dans sa main la hache de bronze qu’il utilisait dans ses campagnes.
Il tua le serpent insensible aux incantations vivant dans les racines.
L’oiseau Anzud vivant dans les branches prit son petit et s’en alla dans les montagnes.
La jeune fille 
souffle-d’air quitta son habitation et trouva refuge dans le désert.
Quant à l’arbre, il le déracina et l’ébrancha, et les fils de la cité, venus avec lui, coupèrent les branches et les lièrent.
Il le donna à sa sœur la brillante Inana-pure comme chaise (et) comme lit.

La réaction de Gilgamec est donc totalement destructive et elle ressemble fort peu à une aide, mais plutôt à l’attitude de celui qui ‘en fait trop’ avec une idée derrière la tête. Le texte qui suit n’est pas totalement clair sur les actions de Gilgamec. En tous cas, il fournit une chaise et un lit à Inana. Il possible que ce soit à partir du tronc de l’arbre car la suite affirme que « pour lui, de ses racines, il fit son cerceau ( ?), et de ses branches, il fit sa baguette ( ?) ».C’est-à-dire qu’il s’attribue les insignes du pouvoir royal à partir des éléments de l’arbre halub, et qu’il laisse, peut-être, le tronc à Inana afin de satisfaire un désir qui peut passer pour puéril. De plus, Inana sort maintenant du récit qui se poursuit en ne parlant que de Gilgamec. On sent bien que le narrateur n’a inséré Inana au début de son récit que pour pouvoir associer à Gilgamec des insignes du pouvoir fabriqués à partir de ce fameux arbre halub, sans doute ‘bien connu’ à l’époque pour son caractère divin.

Ce mythe montre comment Inana, grâce à son pouvoir de fécondité, a pu ‘récupérer’ un arbre halub déraciné et emporté par les flots afin d’en faire un arbre de belle taille et habité par divers esprits. L’arbre d’Inana est donc florissant et rempli de vie. Profitant d’une forme d’insatisfaction d’Inana, Gilgamec utilise ses outils guerriers pour abattre et dépecer cet arbre plein de vie pour en faire des objets symboliques : un lit pour Inana, symbole d’une indolence sans grand pouvoir, et les symboles du pouvoir royal pour lui. Ce mythe décrit donc le moment où, dans la civilisation sumérienne, le pouvoir de la force guerrière l’emporte sur le pouvoir de la fécondité.

CONCLUSION

Dans le mythe sumérien, Inana (la fertilité) est tout simplement écartée du pouvoir et devient secondaire par rapport à la force guerrière. Par contre, Inana, qui est aussi une déesse souveraine, représente à elle-même une forme d’équilibre : elle incarne bien la fonction de fécondité et la fonction souveraine réunies mais elle délègue une grande part de ses pouvoirs à un roi humain, connu sous le nom générique de Dumuzid, dont elle est l’épouse et à qui elle confère la royauté.

Dans la littérature akkadienne, la déesse de l’amour, Ishtar, est certainement très honorée, mais elle-même clairement dominée par Gilgamec. Un texte rédigé en Akkadien rapporte que dernier se permet même de l’insulter quand elle lui propose de consommer le Mariage Sacré, héritage de la coutume sumérienne :

Non, je ne veux pas de toi pour épouse !
Tu n’es qu’un fourneau qui s’éteint dans le froid, …
une chaussure qui blesse le pied.

On voit que les guerriers ont fermement pris le pouvoir et que la marche vers nos civilisations ‘avancées’ a commencé d’un pied assuré.

DONNÉES BIBLIOGRAPHIQUES

 Les textes sumériens cités ici proviennent tous des traductions issues du projet ETCSL (electronic text corpus of the Sumerian literature) de l’université d’Oxford. Ces textes, ainsi qu’une base de données décrivant leur origine sont disponibles à http://etcsl.orinst.ox.ac.uk/
Le dictionnaire Sumérien/Anglais que nous avons utilisé est en ligne à http://psd.museum.upenn.edu/epsd/nepsd-frame.html
La citation qui se trouve dans notre conclusion est issue d’un texte célèbre rédigé en Akkadien, appelé « Enuma Elish ». Nous utilisé la version en ligne à http://www.ancienttexts.org/library/mesopotamian/enuma.html
Nous n’avons utilisé que des textes rédigés en sumérien qui font référence à Inana. Nous les avons soigneusement différenciés de ceux rédigés en akkadien, qui font référence à Ishtar, même s’ils utilisent parfois le nom d’Inana. Nous utiliserons la traduction de textes sumériens mise en ligne par l’université d’Oxford dont le projet ETCSL (electronic text corpus of the Sumerian literature) a recueilli, traduit et classé par thèmes l’ensemble de la littérature sumérienne, en la distinguant nettement de l’akkadienne. Les citations de cette traduction sont écrites en caractères gras.
Ces textes ont été gravés sur des tablettes d’argile dont l’état est variable. Les premiers traducteurs ont eu tendance à ‘deviner’ les parties manquantes afin de présenter des textes complets. Ceci a donné naissance à quantité de légendes dont certaines sont encore prises pour la seule vérité. Dans la suite, de telles parties manquantes seront indiquées par des[…]. De plus, la lecture du cunéiforme peut conduire à diverses transcriptions qui elles-mêmes ne sont pas d’interprétation unique.


[1] Le nom du mari défunt d’Ereckigala, donc beau-frère d’Inana, est ‘gud-gal-an-na’. Il n’est pas traduit dans la version d’Oxford, mais il peut avoir le sens de « grand taureau du ciel », ce qui souligne l’importance, par ailleurs évidente, de sa disparition qui déséquilibre le monde d’en-bas. Notons que la plupart des commentateurs le jugent insignifiant et ne voient qu’un faux-fuyant dans la réponse d’Inana.

[2] Kisikil-lil où kisikil veut dire ‘jeune fille’ et ‘lil’ signifie soit le vent, la brise, ou bien un fantôme. La traduction d’Oxford a choisi le sens de ‘fantôme’ qui évoque l’âme d’un mort, c’est pourquoi nous préférons ‘souffle-d’air’ qui traduit une immatérialité dissociée de la mort. Ce mot est habituellement traduit en utilisant le nom de la Lilith sémite, ce qui n’est certainement valide pour les sumériens. La traduction en Anglais (the phantom maid) se trouve àhttp://etcsl.orinst.ox.ac.uk/cgi-bin/etcsl.cgi?text=t.1.8.1.4&charenc=j# (lignes 36-46) et la translitération kisikil-lil àhttp://etcsl.orinst.ox.ac.uk/cgi-bin/etcsl.cgi?text=c.1.8.1.4&display=Crit&charenc=j# qui donne : 44. cab-bi-a ki-sikil lil2-la2-ke4 e2 im-ma-ni-ib-du3 .

 
 
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Inana reine du monde d'en Haut


Je suis un titre modifiable.

Formation pour coachs, psychopraticiens, thérapeutes , à l'accompagnement aux émotions.

L'enfant et son gardien intérieur.

Novembre 2017

Janvier 2018

Formation

Dominique GAUTHIER

Superviseuse agrée EPG. (Ecole Parisienne de Gestalt.)

 

Supervise les coachs, psychothérapeutes, psychopraticiens(nes), psychanalystes depuis 8 ans.  

 

Accompagne depuis 19 ans. en thérapie hollistique.

 (séances individuelles, de couples, de groupes) 

 

Les outils :  La Gestalt, l'Intégration Posturale,

la sophrologie, la médecine chinoise, la créativité et conscience corporelle et émotionnelle,

la relation.

 

Tel 06 03 47 56 02

Leneshama@gmail.com

28 rue Masaryk  Lyon 69009

14 rue de la Mairie  Le Hohwald 67140 

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Dominique GAUTHIER

Superviseuse agrée EPG. (Ecole Parisienne de Gestalt.)

 

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